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RECHERCHE SCIENTIFIQUE
alcool et santé physique

13/03/2007
DES NOUVELLES D'EN HAUT
Jef Turf

Le cerveau humain compte vraisemblablement parmi les éléments matériels les plus complexes de l'univers. La mise au point du scanner cérébral fonctionnel (fMRI) nous offre un instrument permettant de procéder à un examen indolore du cerveau en fonctionnement. Dans le monde entier, des scientifiques ont saisi cette opportunité unique et la récolte est de jour en jour plus riche et plus impressionnante.

Une activité intense se déroule à l'intérieur de notre boîte crânienne et ce fait n'a rien d'étonnant: le nombre de connexions entre les cellules cérébrales se chiffre en effet à environ 10 à la puissance quatorze. Voici une (vaine) tentative de visualiser ce chiffre: additionnez tous les habitants de notre planète et multipliez ce nombre par 160.000; vous obtiendrez ainsi une estimation approximative du nombre de connexions qui sont à la base de votre personnalité, de vos pensées, de vos souvenirs. Cet environnement complexe et vulnérable peut être le théâtre de nombreux événements pouvant se traduire par une maladie ou même me décès. D'où l'attention soutenue dont l'étude du cerveau fait l'objet dans le monde entier. Voici un échantillonnage des résultats remarquables récents de telles études.


La mémoire restaurée

Tout le monde connaît dans son entourage, sa famille, parmi ses amis ou connaissances une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, une affection neurodégénérative caractérisée par les pertes de neurones dans certaines parties du cerveau (principalement dans le cortex temporal, mais aussi dans le cortex frontal) et par la formation de plaques et de nœuds amyloïdes dans les tissus cérébraux, entraînant le dépérissement de certaines parties du cerveau.

Le nombre de patients atteints de la maladie d'Alzheimer augmente proportionnellement au vieillissement de la population. Dans le monde entier, des scientifiques tentent de découvrir les causes de cette terrible maladie et de mettre au point des médicaments permettant de la guérir. A ce jour, les découvertes se limitent à des médicaments qui freinent quelque peu la progression de la maladie. Mais un message d'espoir a récemment été émis par des chercheurs de l'Université de Columbia aux Etats-Unis: il serait possible de défaire les dégâts occasionnés au cerveau, de restaurer le cerveau.

Ne crions pourtant pas victoire trop tôt: il s'agit de tests en laboratoire sur des souris transgéniques présentant des plaques amyloïdes dans le cerveau et des synapses endommagées (des jonctions permettant la communication entre les cellules cérébrales). Les chercheurs ont administré une certaine substance (l'enzyme Uch-L1) aux souris et ils ont découvert que la mémoire des souris se rétablissait.

Les chercheurs attirent l'attention sur le danger que représenteraient des espoirs trop concrets à court terme. De nombreuses études seront encore nécessaires avant de pouvoir envisager une quelconque application sur l'être humain. Mais ils sont convaincus de suivre la bonne route et que cette découverte ouvre vraisemblablement la voie vers de nouveaux médicaments.


Nouvelles cellules cérébrales pour le cerveau

Des chercheurs néo-zélandais et suédois ont découvert un nouveau type de cellule cérébrale dans le cerveau humain. Ils ont démontré l'existence de cellules souches dans certaines zones du cerveau qui régissent les observations olfactives et qui sont situées juste sous les ventricules, des cavités remplies d'un liquide. Nous savions déjà que, dans le cas de souris et de rats, de petits tubes remplis de liquide cérébral aident de telles cellules à migrer vers les régions sensibles de l'ouïe, tout en les aidant à évoluer vers le statut de cellules cérébrales. A ce jour, ce phénomène n'avait pas encore été constaté chez l'être humain. Les chercheurs ont découvert aujourd'hui de tels petits tubes dans le cerveau humain, dans lesquels ils ont constaté la présence de cellules souches, ainsi que de cellules transformées en cellules cérébrales au cours de leur voyage. Selon les experts, cette découverte pourrait s'avérer extrêmement importante dans le cadre des futures recherches concernant le rétablissement de patients souffrant de lésions cérébrales ou de maladies neurodégénératives, comme la maladie d'Alzheimer. Il a en outre été démontré que les études des souris et des rats peuvent également s'avérer précieuses pour l'étude du cerveau humain.

L'importance de ces recherches réside toutefois dans la découverte qu'il existe dans un cerveau humain adulte un groupe de cellules cérébrales qui peuvent être régénérées constamment. Finalement, les chercheurs sont peut-être désormais sur la piste de cellules souches pouvant générer des tumeurs sous certaines circonstances déterminées.


Rétrécissement de tumeurs cérébrales

Le cancer du cerveau est l'un des cancers les plus mortels. Aux Etats-Unis, des scientifiques ont récemment appliqué avec succès un nouveau traitement sur des patients atteints d'une tumeur au cerveau et qui avaient connu une rechute après des traitements basés sur des méthodes standard, comme la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.

Une tumeur a besoin d'oxygène pour pouvoir grossir. L'approvisionnement en oxygène passe par de nouvelles veinules qui se forment autour de la tumeur. Le nouveau traitement a pour but d'empêcher la formation de ces veinules. Les chercheurs s'attendaient donc à un rétrécissement des tumeurs suite à une irrigation sanguine insuffisante.

C'est exactement ce qui s'est passé: après l'administration de la médication appropriée (AZD2171) à 16 patients atteints d'une tumeur cérébrale, les scientifiques ont constaté un rétrécissement de la tumeur de quelque 25% dans trois quarts des cas et d'au moins la moitié chez la moitié des patients.

A ce jour, les chercheurs ne connaissent évidemment pas encore le futur déroulement du processus. Les recherches sont poursuivies et on espère que cette approche ne concernera finalement pas seulement les patients ayant fait l'objet d'une rechute, mais également les tumeurs cérébrales nouvellement détectées.


Dangers cachés

Le cerveau est un organe extrêmement complexe et il est dès lors particulièrement vulnérable et sensibles aux troubles les plus minimes. Des chercheurs américains et danois ont tiré un signal d'alarme en attirant l'attention sur les influences nocives que de nombreuses substances chimiques peuvent exercer sur le cerveau. Leur rapport mentionne 200 produits chimiques industriels pouvant endommager le cerveau, y compris des métaux, des solvants et des pesticides. Ils suggèrent un lien causal entre la propagation de telles substances et le fait dûment constaté qu'un enfant sur six dans le monde entier est sujet à des anomalies comme l'autisme ou des troubles moteurs. L'un des exemples cités concerne le plomb, qui était largement utilisé dans l'essence entre 1960 et 1980 et qui aurait vraisemblablement fait chuter le QI, attaqué la capacité de concentration et la coordination des mouvements et amplifié l'agressivité. Selon les chercheurs, on aurait identifié à ce jour 202 agents chimiques industriels pouvant endommager le cerveau humain. Ceci ne constitue probablement que la pointe de l'iceberg, puisque moins de la moitié des 100.000 substances chimiques présentes dans le commerce sont soumis à des tests élémentaires en matière de toxicité.

L'Europe a franchi récemment un pas important en vue d'inverser ce mouvement. Le programme "Reach" de l'Union européenne est appelé à brider l'usage des produits chimiques nocifs. Nous devrons évidemment patienter encore pour savoir si cette mesure suffira. Quoi qu'il en soit, il est temps d'utiliser notre cerveau, aussi longtemps que nous en avons encore l'occasion!


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